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La forêt française, un patrimoine durable ?

En France, un trésor tient une place toute particulière dans nos cœurs : la forêt. Forêt de pins des Landes, forêt enneigée des Pyrénées ou des Alpes, sous-bois fleuri de nos campagnes ou poumon de votre ville, elle est le 3ème loisir préféré des Français, juste après les spectacles et les restaurants. Mais ce patrimoine de feuilles et de mousse est-il aussi préservé que chéri ? La forêt française, un trésor national durable, c’est le nouvel article qui fleure bon la cueillette des champignons du blog de l’agriculture expliquée par ceux qui la connaissent.

Aujourd’hui, avec 17 millions d’hectares, les forêts françaises couvrent près de 31% de notre Hexagone. Deux fois plus qu’en 1830 tout de même !  Et la forêt continue de s’étendre, ce qui est une bonne chose pour l’environnement.  Ce que beaucoup ne savent pas, c’est que sur ces 17 millions d’hectares, les trois quarts appartiennent à des particuliers, le quart restant se répartit entre forêt domaniales appartenant au domaine de l’Etat (9%), et les forêts des collectivités locales, essentiellement des communes, pour 17 %. Les forêts domaniales et communales, celles dans lesquelles vous vous promenez la plupart du temps, sont gérées par l’Office national des forêts – ou ONF – un établissement public à caractère industriel et commercial*. L’ONF  veille au respect du « régime forestier », ensemble de règles  de gestion durable dont l’objectif est de préserver le patrimoine forestier et de le transmettre aux générations futures en bon état de conservation. Ces principes et les principaux objectifs de la sylviculture sont rassemblés dans le Code forestier qui encadre la gestion des forêts françaises, publiques et privées.

Chaque forêt  publique a un plan d’aménagement qui prévoit les travaux d’entretien, les coupes et la régénération après la coupe. Il faut savoir que le renouvellement de la forêt se fait principalement par régénération naturelle, en laissant les graines tombées des arbres se reproduire et donner de jeunes arbres. Mais parfois, les graines ne germent pas ou les jeunes arbres ne se développent pas, il faut alors recourir à la plantation avec de jeunes plants élevés en pépinières.

Et la forêt privée me direz-vous ?  Les propriétaires forestiers sont eux aussi tenus de respecter des règles, ils ne peuvent pas couper comme ils veulent ! Pour les surfaces de plus de 10 ha ils sont tenus d’avoir ce que l’on appelle un « plan simple de gestion » (pas si simple en fait !) qui prévoit lui aussi les travaux d’entretien et les coupes par parcelles ainsi que la régénération ou la replantation. Le respect de la flore et de la biodiversité doit aussi être indiqué. Pour les plus petits massifs forestiers qui n’ont pas de plan simple de gestion, les coupes rases sont soumises à autorisation de l’administration. Autant dire que si la forêt est privée, les pouvoirs publics ont largement leur mot à dire ! C’est d’ailleurs le ministre de l’agriculture Edgar Pisani qui a voulu cet encadrement, mis en place en 1963, pour que la ressource en bois dont la France avait besoin pour diverses industries essentielles à l’économie ne soit pas dilapidée en bois de chauffage, un usage très répandu à l’époque.

Maintenant avec tout ça, la forêt est-elle bien préservée ? Les documents de gestion, on l’a vu, n’autorisent à couper que ce que la forêt a produit depuis la dernière coupe. De fait en France la surface boisée augmente ainsi que le volume de bois en forêt, car on coupe moins que ce que les forêts produisent, pour diverses raisons : manque de débouchés pour certaines essences, mauvaise gestion de leur forêt par de nombreux propriétaires privés qui vivent en ville et oublient les petites parcelles dont ils ont hérité de lointains grands parents ruraux… Un problème pour l’industrie du bois qui aurait bien besoin du bois que ces parcelles contiennent. Mais un avantage pour l’environnement car ces forêts abandonnées, stockent du carbone. Petit bémol toutefois le risque incendie est accru dans des parcelles mal exploitées car elles sont souvent envahies de broussailles hautement inflammables !

Pas d’inquiétude donc, la déforestation n’est pas un problème en France ni dans aucun pays développé, elle est le fait des pays en voie de développement qui malheureusement détiennent les dernières forêts tropicales à la biodiversité exceptionnelle et qui déboisent pour installer des cultures plus rentables…

* qui a succédé à l’Administration des Eaux et Forêts en 1950