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Pas d’irrigation… Pas d’agriculture ?

Pas besoin d’être agriculteur ou agronome pour savoir que l’eau tient une place primordiale dans le cycle de la vie et dans celui de nos cultures. Mais savez-vous réellement quel rôle joue l’irrigation dans ce délicat équilibre entre nature et productivité agricole ? Aujourd’hui le blog de l’agriculture expliquée par ceux qui la connaissent vous dévoile les dessous et les enjeux de ce système millénaire.

Six fois millénaire même ! En effet dès l’Antiquité, l’irrigation était utilisée pour la production de céréales, dans des zones arides ou semi-arides comme la Mésopotamie, les eaux de l’Euphrate et la vallée du Nil ou encore pour la culture du riz en terrasses en Asie. Ces systèmes d’aménagements hydrauliques et de gestion coordonnée de l’eau à base de canaux et de rigoles furent les premiers d’une longue série dans l’histoire assoiffée de l’agriculture ! En effet, quelque soit la région du globe ou la civilisation concernée, tous les cultivateurs sont d’accord depuis la nuit des temps : pas d’eau pas d’agriculture! Mais commençons par le commencement, par définition l’irrigation est un apport d’eau à des plantes cultivées qui a pour but de compenser l’insuffisance des pluies naturelles afin de permettre le développement harmonieux des plantes et l’obtention de produits de qualité. Dans les zones désertiques et zones tropicales sèches notamment, l’irrigation offre des résultats phénoménaux et constitue la clé du développement agricole pour nourrir la population. Par ailleurs, en sécurisant les volumes et la qualité des produits elle assure la durabilité des producteurs en permettant le maintien d’un tissu dense de fermes, la création d’emplois et constitue un facteur important de dynamisme territorial. Autres bienfaits de l’irrigation, garante d’une production régulière et de qualité, elle est la première assurance récolte des cultures fruitières et maraichères en zones à fort déficit hydrique estival et contribue à la survie des petites fermes spécialisées et à la pérennité des systèmes de cultures diversifiées. Enfin l’irrigation permet de lutter contre le gel. Si si puisqu’on vous le dit ! Utilisée dans les vignobles de grands crus, les végétaux sont protégés du gel grâce au caractère exothermique de la transformation physique de l’eau liquide en glace quand la température ambiante descend de quelques degrés en dessous de zéro. Non ce n’est pas de la magie, c’est de la science !

Bref vous l’aurez compris, l’irrigation a plus d’un bienfait dans son sac et les agriculteurs ne s’y sont pas trompés en multipliant au fil du temps et des régions de nombreuses méthodes. Et si nous vous en proposions un petit tour d’horizon ?

L’irrigation traditionnelle : se pratique à l’aide d’une succession de rigoles en terre et à l’air libre et de canaux dans le but d’inonder les champs où l’eau circule par gravité à la surface du sol. Pour diminuer les pertes – importantes dans ce mode d’irrigation – et éviter le gaspillage, les rives des canaux sont imperméabilisées et les canaux remplacés par des tuyaux. Dans certaines régions du globe, d’une façon ancestrale les canaux d’amenés d’eau dans les parcelles étaient constitués par un réseau souterrain très complexe pouvant atteindre plusieurs dizaines de km afin de transporter l’eau vers les zones de cultures tout en limitant les pertes par évaporation : ce sont les fouggaras en Algérie, les Khettaras ou encore les quanats en Iran.

L’irrigation par aspersion : reproduisant l’effet de la pluie, c’est la technique la plus courante en Europe. Elle se pratique par le biais de canalisations ou de tuyaux mobiles dans lesquels l’eau circule sous forte pression exigeant l’utilisation de pompes gourmandes en énergie et nécessitant des investissements importants.

La micro-irrigation et le goutte-à-goutte : apportent une nette amélioration de l’efficience en limitant les pertes par évaporation, ruissellement ou infiltration profonde. Ces techniques sont utilisées dans les vergers et cultures maraichères mais ne sont pas compatibles avec les cultures céréalières.

Mais à l’heure du bilan écologique mondial, il est temps de nous demander d’où vient l’eau qui irrigue la France. Grâce à son climat tempéré, et même s’il existe des disparités d’une région à l’autre, l’Hexagone ne manque pas d’eau et celle réservée à l’agriculture ne représente aujourd’hui que 1,7% de la pluie tombée sur le pays en une année. Mieux encore, les observations climatiques des cent dernières années montrent une accélération des précipitations annuelles de près de 10% avec une pluviométrie plus accrue l’hiver que l’été. Cependant, une bonne gestion de l’eau demande de stocker une ressource abondante en hiver pour mieux la répartir en été, dans des retenues et lacs collinaires notamment. Résultat, en France, l’irrigation ne compromet pas l’équilibre du bilan hydrologique car l’essentiel des prélèvements est réalisé à partir de réserves renouvelables, majoritairement sur un cycle annuel, à partir de nappes de surfaces, rivières, lacs et retenues d’eaux.

Mais ce n’est pas parce que l’on ne manque pas d’eau que ces besoins n’en reposent pas moins sur une organisation régionale et rationnelle ! Hé oui, l’agriculture n’est pas le seul secteur assoiffé du pays ! L’eau doit ainsi être partagée de façon responsable entre eau potable, industrie, agriculture, production d’énergie, loisirs et milieux aquatiques. Pour cela, les agences de l’eau définissent des objectifs et des schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux. Sans surprise, l’irrigation en France est donc l’une des activités agricoles les plus contrôlées et le plus gérées collectivement en concertation avec les pouvoirs publics ! Ainsi, même si le prix de l’eau constitue à lui seul un frein au gaspillage, les agriculteurs se sont mobilisés pour une irrigation raisonnée via par exemple l’amélioration et l’optimisation des matériels d’aspersion, l’acquisition de compteurs d’eau et d’outils de pilotage de l’irrigation pour raisonner leurs apports au plus près des besoins de la plante, l’installation de sondes pour mesurer l’humidité dans le sol, de système d’avertissement en temps réel et à distance ou encore d’outils d’aide à la décision à partir de smart-phone.

Conclusion, si l’eau est bien The ressource indispensable à l’agriculture, les cultivateurs n’en manquent pas pour trouver des moyens toujours plus ingénieux d’irriguer leurs champs !