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Le 4 pour 1000, un pari pour l’avenir ?

Vous le savez, sur le blog de l’agriculture expliquée par ceux qui la connaissent, on préfère parier sur la science et l’objectivité des faits plutôt que sur le prénom du futur prince anglais chez un bookmaker londonien. Pourtant, c’est bien d’un pari agricole dont nous avions envie de vous parler aujourd’hui, mais d’un pari qui a de l’avenir : le 4 pour 1000. On vous explique ?

Le 4 pour 1000 est une initiative lancée par la France lors de la COP21 à Paris pour contrer les émissions de CO2. C’est à la fois un objectif agricole et un enjeu environnemental : permettre à l’agriculture et à la sylviculture de compenser une grande partie du carbone émis chaque année par l’utilisation des énergies fossiles. Rien que ça. Mais comment nos champs pourraient-ils se transformer en super héros de l’écologie ?

Face à cet enjeu, l’agriculture et la sylviculture ont un atout unique qui peut s’avérer très bénéfique : chaque année, pour leurs croissances, elles captent via la photosynthèse 30% du gaz carbonique (CO2) émis par l’utilisation des énergies fossiles. Quand les plantes ont achevé leur cycle et meurent, elles se décomposent sous l’action des organismes vivants du sol, tels que les bactéries, champignons ou vers de terre, qui les transforment en matière organique. Cette matière organique riche en carbone, est essentielle à l’alimentation des hommes car elle retient l’eau, l’azote, et le phosphore, indispensables à la croissance des plantes. Les sols mondiaux contiennent 2 à 3 fois plus de carbone que l’atmosphère.

Si le niveau de carbone des sols augmentait de 0,4%, soit 4/ 1000 par an, dans les premiers 30 à 40 cm d’épaisseur, d’après les chercheurs, cela permettrait de compenser une grande partie des 8,9 milliards de tonnes de carbone émises chaque année dans le monde par les énergies fossiles (près de 3 milliards de tonnes de carbone sont stockées par les océans). L’agriculture a donc un rôle de puits de carbone à jouer. On vous explique …

Les prairies, forêts, cultures pérennes et annuelles produisent de la biomasse (grains, tiges feuilles, racines …) via la photosynthèse : phénomène naturel par lequel les plantes vertes synthétisent des matières organiques grâce à l’énergie lumineuse, en absorbant le gaz carbonique de l’air et en rejetant l’oxygène. Savez-vous par exemple qu’un hectare de blé produit environ 15 à 18 tonnes de biomasse, en ayant capté 4 à 8 fois plus de CO2 dans l’atmosphère qu’il n’en a été émis au cours de son cycle de production par les pratiques agricoles ? Cerise sur l’épi : après la récolte des grains, les pailles et racines incorporées au sol sont décomposées et produisent de l’humus, gage de fertilité des sols et réservoir de carbone !

Mieux encore, un cercle vertueux se crée ainsi naturellement dans les champs car plus la biomasse produite par la culture est élevée, plus les résidus restitués au sol augmentent, plus l’effet « puits de carbone » des productions végétales est bénéfique. Résultat, aujourd’hui l’agriculture est avec la sylviculture pratiquement la seule activité humaine capable de recycler, produire et stocker un carbone vert en quelque sorte !

Les émissions nettes de rejet de Carbone dans l’atmosphère sont évaluées à 4,3 Gigatonnes par an. Avec l’initiative 4 pour 1000, on considère que, en évitant la déforestation et l’artificialisation des sols (urbanisation notamment) et en augmentant la quantité de matières organiques stables dans les sols cultivés de 4 pour mille chaque année, on neutraliserait la quasi-totalité des augmentations des émissions liées à l’activité humaine.

Mais comment augmenter les quantités de carbone stockées dans les sols ? On vous dit tout sur les différentes alternatives qui s’offrent aux agriculteurs juste ici !